D’une langue à l’autre

    Près d’une quarantaine de langues et dialectes sont parlées par des habitants de la Duchère ce qui représente une richesse culturelle immense. Le projet “Langues à l’écoute” mené par les arTpenteurs a suscité une forte participation et a permis de vérifier le plaisir et l’émotion des habitants à parler et à faire entendre leur(s) langue(s).

    La langue française est en dialogue permanent avec les autres langues parlées dans le pays. Chaque langue s’enrichit au contact des autres et porte en elle le témoignage d’une culture.

    Poésie partagée en toutes langues invite à la recherche de poèmes et textes issus de différentes cultures, puis propose des formes artistiques permettant de partager ce patrimoine culturel dans un souci de dialogue interculturel. La constitution de ce répertoire commun, oral et écrit, aura pour particularité son multilinguisme.

    Des ateliers artistiques de traduction, d’écriture, de mise en voix en toutes langues impliqueront et associeront au projet les participants. Pour participer et connaître les dates et lieux des prochains ateliers, contactez-nous par mail ou par téléphone au bureau des arTpenteurs.

L’équipe artistique

Patrice Vandamme, comédien, metteur en scène

Mireille Antoine, comédienne, metteur en scène

Marc Porcu, écrivain, traducteur, poète

Jean-Pierre Maillet et Chantal Capelli (AliceA) création multimédia

Jean Millot création univers sonore et musical

Les partenaires impliqués

Equipes des Centres Sociaux de la Sauvegarde et du Plateau, de la Bibliothèque de la Duchère, de l’OPAC du Rhône, du lieu échanges parents du collège Schoelcher

Les partenaires financiers

Dynamique Espoir Banlieue, Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Rhône-Alpes

Allons dans les rues du monde – lecture de poésie

Présentation

(…) Et à chaque matin,
je suis ému de voir la nature
entrer sans tapage dans un jour neuf,
un jour qui n’a jamais été vécu,
que personne,
depuis la création du monde, n’a vu (…)
                                                Félix Leclerc


Une vache se promène dans ma chambre.
Quand je n’arrive pas à dormir,
je n’ai qu’à prononcer le mot : «vache»
et les murs se mettent à bouger (…)
Dominique Cagnard


(…) Habille-toi de ta langue
emplis tes poches
des mots volés à toutes les bouches
les mots du fou du sage du charpentier
les mots de ton père et les mots de l’étranger (…)

(…) et n’oublie pas ceci encore :
une subordonnée peut toujours
devenir indépendante
il suffit de reformuler la phrase
Jean-Pierre Siméon

          Dans les rues du monde on peut lire comme le rêveur lit la nuit : les yeux fermés.
Des chemins de traverse nous entraînent en Poésie, on écoute des poèmes qui nous disent le voyage, l’enfance des mots, le jeu avec la langue et l’écriture, le monde.
D’autres poèmes abordent de façon sensible les thèmes de l’identité comme de l’altérité, la diversité des cultures, mais aussi la guerre, l’exil.

          Les deux comédiens vous embarquent en famille sur leur île pour écouter ces pépites de poètes publiés par des maisons d’édition engagées dans un travail de qualité dédié à la jeunesse comme Alain Serres et Rue du Monde, mais aussi Motus, Cheyne, le Farfadet bleu.

(…) Mon général, on peut tirer beaucoup de l’homme.
II sait voler, il sait tuer.
Mais il a un défaut :
II sait penser.
Bertolt Brecht

(…) Ne me demandez pas l’impossible
Ne me demandez pas de chasser les étoiles,
de marcher vers le soleil
Ne me demandez pas de vider la mer,
d’arracher la lumière du jour
Je ne suis qu’un homme.
(…) Mon ami
Vous ne pouvez pas me demander
d’abandonner mon propre pays.
Fawzi El Asmar

 
 
 
 

La sélection de textes, issus de 20 recueils, privilégie une grande diversité d’écritures et de formes poétiques comprenant aussi des fables, et ouvrant largement sur les auteurs membres de l’oulipo.

 
 
 
 
 

(…) le CORBOA, plein de joa
ouvre son large bec, laisse tomber sa proa
le renard s’en empare, mais le CORBOA
glissant de l’arbre, l’attrape par la patte et le broa
la morale de cett’ histoire-là, d’cett’ histoire-là ?
Méfiez-vous, renards, des CORBOAs
Jacques Roubaud

Voilà. C’est fait : je suis devenu une rivière.
Ce sera une grande aventure jusqu’à la mer
quel nom me donnera-t-on sur les cartes ?
d’où vient ce cours d’eau inconnu?
quel ciel reflète-t-il dans ses flots ?
quelle joie, quelle faim, quelle douleur ? (…)
René Depestre

(…) Je m’attendais au coin de la rue
j’avais envie de me faire peur
en effet lorsque je me suis vu
j’ai reculé d’horreur (…)
Raymond Queneau

Les 41 auteurs viennent de différents horizons et sont issus des domaines contemporains ou classiques. Le montage des textes et l’interprétation à deux voix dynamisent l’ensemble, en restituant toute la profondeur, la grande variété de tons, où l’innocence et l’humour sont souvent présents.

Textes de :

Adonis, Alain Boudet, Bertolt Brecht, Dominique Cagnard, Lewis Carroll, Bernard Chambaz, Pierre Chatillon, René Depestre, Robert Desnos, Raymond Devos, Jean-Pascal Dubost, David Dumortier, Fawzi El Asmar, Florian, Paul Fournel, Pierre Gamarra, Georges L. Godeau, Gilbert Gratiant, Amadou Hampaté Bâ, Victor Hugo, Jean Joubert, Vénus Khoury-Ghata, Abdellatif Laâbi, Félix Leclerc, Hervé Le Tellier, Marjan, Jean-François Mathé, René de Obaldia, Georges Perec, Raymond Queneau, Jacques Roubaud, Jean Rousselot, Olivier Salon, Alain Serres, Jean-Pierre Siméon, Philippe Soupault, Jean Tardieu, Janine Teisson, Gilles Vigneault, Lü Yuan, anonyme Thaï

Equipe artistique

Durée : 50 minutes

Différentes versions à partir de 6 ans.

Lecture techniquement autonome (Dispositif scénique, lumières, son)

Montage des textes, mise en scène, interprétation : Mireille Antoine & Patrice Vandamme

Galerie des coups de coeur 2010


Ce diaporama nécessite JavaScript.

La cause des parents

Présentation

    On ne naît pas père ou mère, on le devient lorsque la formidable aventure de la parentalité débute. La lecture-spectacle « La cause des parents » a pour but d’alimenter la réflexion et de susciter des échanges autour de cette question de la parentalité. Associé à des temps d’échanges, le spectacle devient « moteur de paroles ».


Le montage de textes est constitué d’extraits des ouvrages suivants :


• « Comment je me suis séparée de ma fille et mon quasi fils », de Lydia Flem, éditions du Seuil
• « Pourquoi l’amour ne suffit pas », de Claude Halmos, éditions Pocket
• « Ecrire disent-ils », portraits de Annie Schwartz
• « Jeunes et adultes : un dialogue », paroles mises en forme par Christian Devèze, les arTpenteurs

   La grande diversité de textes -témoignages vécus entremêlés avec des écrits plus en recul – permet d’aborder les problématiques suivantes, de façon sensible, concrète et non didactique :


• les places, rôles et besoins de chacun, le cadre familial,
• l’autorité, les règles, limites, interdits, transgressions
• les besoins affectifs, l’influence, la confiance, la communication
• la prise d’autonomie, la séparation, le laisser-faire, les conduites à risque
• le lien avec l’école, les enseignants, l’orientation
• les générations, la transmission…


La conception scénique du spectacle : mise en espace, interprétation vivante des comédiens, notamment avec le travail à deux voix sur le « dire », la place de la musique, le décor vient au service du sujet afin de le faire bien entendre et résonner pour ouvrir chaque spectateur à ses images mentales, et stimuler ainsi la réflexion.


EXTRAITS :

(…) Comment assumer le rôle qui sera le plus important et surtout le plus long de toute leur vie : celui de parent. Car il n’y aura jamais de pause dans cette responsabilité, on est 365 jours parents. Quel que soit notre âge et celui de notre enfant, nous seront parents à vie. Comment faire pour bien faire, comment élever son enfant sans efforts, comment faire face à la crise d’adolescence en douceur ? Comment être parent, comment le devenir ? Sommes-nous d’assez «bons» parents? Aidons-nous nos enfants à s’épanouir ? Pouvons-nous les «lâcher»? En respectant leurs rythmes, leurs sensibilités, leur permettre de dire je ? (…)


(…) Il fallait que notre fille quitte la maison pour apprendre à voler de ses propres ailes. Et l’heure était venue pour Sophie de découvrir le vaste monde, loin de chez elle, loin de nous. Pourquoi ne pas envoyer notre fille à l’étranger apprendre une autre langue, une nouvelle culture, découvrir d’autres manières de vivre, de penser ? Lui permettre de vérifier qu’elle était capable de se débrouiller seule, de prendre sa place, de choisir ce qui était bon pour elle, d’affirmer ses repères, ses intuitions, ses propres désirs ? Le projet prenait forme. L’intéressée ne s’y opposa guère, sans afficher un enthousiasme effréné : «C’est vous qui me poussez dehors! » J’y entendis un sourd reproche, une peur de l’inconnu bien légitime, mais, à la veille de l’inscription définitive pour une année académique dans la section internationale d’un collège anglais, soudain ce fut mon estomac qui se révolta. J’étais déchirée. Ma tête, ma raison me dictaient de favoriser la séparation, l’éloignement; mon ventre criait: «non, pas encore, c’est trop tôt»(…)

(…) Mes parents sont divorcés, j’ai eu beaucoup de difficulté avec ma mère avant, maintenant ça va mieux. Avec mon père, j’ai une complicité depuis que je suis toute petite. Ma mère répète très souvent les choses, quand je lui dis : « ça va,
j’ai compris », je lui dis en haussant le ton et ça monte, ça monte et ça éclate et puis tout d’un coup, ça s’arrête chacune va de son côté, une dans sa chambre, l’autre devant la télé(…)

(…) Je voudrais résilier mon abonnement de téléphone. Mon fils a utilisé mon portable sans mon autorisation et le montant de ma dernière facture atteint 2.500 francs du fait du dépassement du forfait. Compte tenu de mes revenus modestes, je demande à pouvoir régler cette dette par petites mensualités (…)

(…) Docteur, on me dit que mon fils va mieux et qu’il veut rentrer chez moi. Je vous écris cette lettre pour vous dire que je ne souhaite pas qu’il revienne vivre à la maison. J’ai peur de lui (…)

(…) Je n’ouvrais pas les volets de ma chambre, je restais dans le noir. Ma mère me demandait ce que j’avais, je l’envoyais balader. Elle voulait m’aider, on sait que nos parents nous aiment, on voudrait pas les faire souffrir, mais on n’y peut rien(…)

(…) Voir son enfant grandir, c’est accepter de changer. Trouver en soi de la souplesse, du tact, de l’humour, de l’humilité. De la patience, beaucoup de patience. Un seul choix, un seul pari: avoir confiance. En eux, en nous.(…)

(…) Longtemps j’ai été la « fille » de mes parents, puis je suis devenue une «maman ». Mais qui suis-je désormais? Quel est mon nom ? (…)

(…) Largués par nos parents qui disparaissent et par nos enfants qui quittent la maison, c’est le plus souvent au même moment de la vie que nous sommes confrontés à ces séparations: nos parents meurent, nos enfants grandissent. Coincés entre deux générations, ceux à qui nous devons l’existence, ceux à qui nous l’avons donnée, qui sommes-nous désormais? Les repères vacillent, les rôles changent. Comment faire de cette double perte une métamorphose intérieure?(…)

Equipe artistique


Production : les arTpenteurs
Montage, mise en scène, interprétation : Mireille Antoine & Patrice Vandamme
Compositions et interprétation à l’accordéon : Didier Lassus
Décor : Carmen Guerre
Lumières : Ludovic Micoud-Terraud


Durée : 60 minutes
Lecture-spectacle techniquement autonome (Dispositif scénique, lumières)

ROUSSEAU, une pensée en marche

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Présentation

En résonance avec le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), cette lecture-spectacle vous emmène à la découverte d’un écrivain dont la pensée a traversé les siècles.

Jean-Jacques Rousseau est sans doute l’un des écrivains itinérants qui a séjourné le plus longtemps sur le territoire de l’actuelle région Rhône-Alpes. Il y a vécu pas moins de 14 ans, la sillonnant du nord au sud, d’est en ouest, dans sept des actuels départements de Rhône-Alpes. En bref, le modèle parfait de la déambulation pédestre.

Il y a puisé l’inspiration qui, plus tard, fera de lui l’un des penseurs les plus complets, présentant les facettes les plus variées de son époque et, partant de la nôtre.

Si Rousseau est un témoin précieux de son temps, s’en nourrissant, s’y opposant, il est d’une grande modernité ou, si l’on préfère, d’une grande actualité dans les questionnements qui traversent son oeuvre.

Complexe, Rousseau a toujours suscité des réactions contradictoires : l’homme n’est pas consensuel, mais il est aussi mal connu. Cette lecture aura pour but de découvrir l’homme Rousseau, de le rendre accessible et proche de nous.
Autodidacte, il se construira son « magasin d’idées » en dévorant des ouvrages de littérature, de philosophie, apprendra la géométrie, la chimie, la physique, l’astronomie, la musique, la botanique…

Parmi toutes les facettes de sa pensée, ses centres d’intérêt multiples, nous nous intéresserons particulièrement au pionnier de l’autobiographie, à l’amoureux de la nature, des paysages, à l’herboriste poétique. Au-delà de la simple promenade, il a trouvé dans la contemplation de la nature une formidable source de fulgurances intellectuelles qui inspireront la plus grande partie de son œuvre.

Pour cela nous proposons la mise en forme d’un montage de textes issus de trois œuvres : « Les Rêveries du promeneur solitaire » (1782), « Les Confessions » (1782 et 1789), « Émile ou de l’éducation »(1762)
Les Rêveries du promeneur solitaire tiennent à la fois de l’autobiographie et de la réflexion philosophique : Rousseau présente une vision du bonheur nourrie d’une relation fusionnelle avec la nature, développée par la marche, la contemplation, l’herboristerie. Il s’agit bien d’une invitation au voyage… d’une réflexion générale sur son mode de pensée.

Les Confessions, oeuvre également posthume, fonde le genre moderne de l’autobiographie ; elles voulaient d’abord faire la lumière sur le citoyen Rousseau et sur sa vie.


La chose que je regrette le plus dans les détails de ma vie dont j’ai perdu la mémoire est de n’avoir pas fait des journaux de mes voyages. Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans ceux que j’ai faits seul à pied. La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées…et me donne une plus grande audace de penser. Si l’on eût vu les ouvrages de ma première jeunesse, ceux que j’ai faits durant mes voyages, ceux que j’ai composés et que je n’ai jamais écrits!… Pourquoi, direz-vous, ne les pas écrire? Et pourquoi les écrire? vous répondrai-je: pourquoi m’ôter le charme actuel de la jouissance ? Que m’importaient des lecteurs, un public, et toute la terre, tandis que je planais dans le ciel?

Le montage dynamique du texte, la mise en voix, l’univers sonore et musical, la mise en espace et en lumières ont pour but de faciliter l’écoute du spectateur, son accès aux oeuvres comme de faire entendre clairement la langue écrite par Rousseau et de susciter la « rêverie ».

Équipe artistique

Choix d’extraits : Jean-Claude Blanc
Montage, mise en scène et interprétation comédien : Mireille Antoine & Patrice Vandamme
Création univers musical et sonore : Jean Millot
Création lumières : Ludovic Micoud-Terraud